ZOOM Mevluet-Erding

Publié le 14 12 2014 | par Quentin Müller

Turkish off-air

Quatrième sur six du groupe A des qualifications à l’Euro 2016, la Turquie risque de louper une nouvelle grande échéance après avoir déjà raté les Coupe du Monde 2010-2014 et l’Euro 2012. Une crise à plusieurs équations. 

 

Au 25 juin 2008, la Turquie ne le sait pas mais elle est à un tournant de son histoire. Défaits 3-2 en demi-finale de l’Euro Suisso-Autrichien, les turcs emmenés par un Fatih Terim en pleurs pensent être sur la continuité de leur bonne Coupe du Monde 2002. Mais l’équipe arrive à expiration. Les Altıntop, Emre et M.Aurélio, T.Şanlı, Nihat et Sabri sont à l’apogée de leurs carrières. Et mis à part Arda Turan et le turbulent Kazim Kazim, la relève est inexistante.  » Mais à cette époque, ce n’était pas une génération dorée. Ce n’était que quelques bonnes individualités isolées « , rectifie Hakan Atesler, journaliste turc. Au pays on pense en tout cas que la Tuquie n’est capable de sortir qu’un bon joueur seulement tous les 10 ans. Une sorte de prophétie qui a vu défiler un Hakan Şükür, un Nihat et plus récemment un Arda Turan.

 

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Kazim Kazim, le symbole d’une Turquie en déclin

Une politique locale foireuse

Comme tout championnat émergeant qui se respecte, la Spor Toto Süper League a eu tendance ces dernières années à investir un paquet de millions sur quelques anciennes légendes du Vieux Continent.  » De l’argent on n’en manque pas dans notre football, mais on le gaspille. Au lieu par exemple de le réinvestir dans de la formation « , précise Hakan. Quand on sait qu’un Moussa Sow pèse 3.4 millions d’euros de masse salariale par an, y’a de quoi avoir les boules, en effet. Alors pour éviter que l’afflux de joueurs étrangers ne freine la progression du football turc, les autorités ont imposé un quota de 10 joueurs étrangers sous contrat maximum, 8 sur la feuille de match et 6 sur le terrain. » Cette réglementation nous a tuée. Parce que maintenant le joueur turc ne va pas plus être dans une optique de concurrence car il sait que quoi qu’il advienne, le quota le protégera.  »  Un bémol qui fait échos aux dires de Roberto Mancini questionné dans So Foot Junior N°1 sur l’état d’esprit du joueur local :  » Sur le plan du talent ils ont beaucoup de qualités. Mais ils se contentent souvent de ce qu’ils savent faire.  » Pour le Fenerbahçe, Galatasaray et Besiktas, principaux pourvoyeurs de l’équipe nationale, la réglementation s’applique en championnat mais prend fin dès lors que les trois mastodontes disputent une partie européenne. Ainsi il n’est pas rare que quelques titulaires de la veille swichent avec les remplaçants étrangers. Un jeu de la chaise musicale grotesque pour Mancini :  » Cette limitation n’a pas de sens : l’entraîneur peut faire jouer qui il veut en Europe, mais pas en championnat… «  Surtout quand on sait que pour ces trois équipes, le joueur étranger ne représente que 25 % des effectifs. 

 

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Töre a eu tort

Argent et éducation

Dans les cafés d’Instanbul, d’Ankara et de Trabzon on aime à rappeler comment un pays de 76 millions d’habitants peut être être aussi mal représenté sur la scène internationale. Certains comme Hakan Atesler pointent une politique tournée vers le profit et du court terme.  » Il serait faux de dire que la Turquie n’est pas tournée vers la formation. Galatasaray par exemple en a profité au début des années 2000. Ça lui a permis par exemple de gagner la Coupe UEFA contre Arsenal. Mais aujourd’hui notre argent on le fout ailleurs. D’ailleurs ne vous y trompez pas. Cette mesure de quota a été réalisée simplement pour que le joueur local prenne de la valeur sur le marché. «  Plus cher, le joueur turc est dans les faits moins bon.  » L’exemple d’Arda Turan est magnifique. Il jouait à Galatasaray, c’était un bon joueur, normalement bon. En deux ans de travail à l’Atlético avec Diego Simeone, il a maigri, progressé, et est devenu un joueur déterminant « , constate Mancini. Alors la sélection nationale change son fusil d’épaule. Fini les joueurs moyens formés en Turquie, place à une sélection métissée et galvanisée par la venue en masse des binationaux. Aujourd’hui ils représentent près de 40 % de la sélection à l’image de la dernière petite merveille Hakan Çalhanoğlu, né à Mannheim en Allemagne.  » Au pays on s’est dit que ce groupe A était trop facile pour nous. Qu’avec nos joueurs nés en Allemagne on allait finir deuxième derrière les Pays-Bas, les mains dans les poches. Mais c’est un échec total.  » Aussi bien sur le pré qu’en dehors où il se raconte qu’un soir, Gökan Töre cocaïné aurait braqué deux de ses coéquipiers de la sélection avec un flingue. L’international turc né à Cologne se serait emporté en pointant son flingue dans la bouche de Çalhanoğlu et déposé son gun sur le front de Toprak pour une histoire de meuf. Un fait divers pas anodin, largement étouffé par la presse dont Fatih Terim a toutes les peines du monde à se sortir. L’occasion pour Hakan de soulever un énième problème : «  Y’a aussi un problème d’éducation. Aussi bien chez l’immigré allemand que chez nos jeunes locaux. Mais bon, si je continue, on risque d’en parler jusqu’à l’aube… » 

 

Quentin Müller.


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A propos de l'auteur


Rédacteur en chef d'Onlyfootball.fr. Numéro 8 bourrin, amateur de belles sacoches et accessoirement de petites brunettes bretonnes aux yeux marrons.



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