ZOOM 671508-les-nouvelles-recrues-de-bordeaux-l-italo-allemand-diego-contento-et-emiliano-sala-celebrent-leur-la

Publié le 25 08 2014 | par Quentin Müller

Bordeaux, sea, sex and sun

Il fut un temps où Bordeaux coulait son spleen avec Henri Saivet en pointe et Fahid Ben Khalfallah à la baguette. Une époque bien sale qui n’était pas du tout du gout des petits bourg’ rebelles de Bordeaux, fatigués de devoir faire le mur chaque soir pour mater de la merde en boite à Chaban-Delmas. Car oui, mater des percées de Julien Faubert et des tacles de Jérémie Bréchet la brindille, n’a jamais excité personne. Pas même Jesus Christ. Aujourd’hui, après trois (belles) victoires en autant de journée, les fans des Girondins pourront enfin écouter en secret « Sea, Sex and Sun » de Sagnol Gainsbourg avec les gémissements de Sertic en fond.

 

De 2011 à aujourd’hui, un club de L1 n’a jamais semblé autant se dévaloriser ; aussi bien niveau marketing, que sur le plan sportif et économique. Oui, passer dans les boutiques officielles d’un flocage Yoann Gourcuff-Marouane Chamakh à celui d’un Cheikh Diabaté ou d’un N’Guemo n’a jamais fait plaisir à personne. Aussi bien au gérant qu’au client. Même constat sur le banc, un Laurent Blanc n’a ni la même aura, ni le même charisme qu’un Francis Gillot. C’est prouvé scientifiquement (oui-oui). C’est dans cette monotonie, presque routinière que Bordeaux s’était glissé. A l’image d’un alpiniste qui s’endort dans sa couverture de secours en plein blizzard pour finir par mourir de froid dans la nuit. Seules bénéficiaires de la crise bordelaise ; les pharmacies. Durant ces 3 ans de dépression et de purges, elles auraient été dévalisées de valium, d’antidépresseurs et de somnifères. Dévalisés les premiers les jours, les drugstores auraient pris le pli et le rythme, s’armant de stock entier. On dit d’ailleurs qu’une bonne partie était acheminée par plaquette de douze chez un certain monsieur « Gilloti ». Personne ne sera dupe, Francis s’était volontairement rendu à la mairie pour y changer son nom de commande. La pratique administrative étant chère, il aurait simplement rajouté un « i ». De la même manière que, histoire de ramener des points  »courageux » et d’assurer rapidement le maintien, Gillot et ses poches de cernes s’adonnaient à un schéma tactique avec une défense à cinq. Soit un putain de pion rajouté dans l’axe pour optimiser au maximum un résultat positif.

 

FC Valium 

D’un football passion, léché et rythmé chez Blanc, on passa avec Gillot dans une version du ballon rond plus pragmatique. Depuis le 22 avril 2006 et la victoire de l’AS Nancy Lorraine en Coupe de la Ligue grâce au père fondateur de la L1 chiante, Pablo Correa, une tripotée de clubs français se sont mis en tête de jouer à la nancéienne (ou coréenne ?). Soit avec une défense à quatre, voire cinq, un milieu à cinq et une seule pointe. Un schéma que Gillot adoptera sans relâche, avec parfois une défense à cinq composée de Bréchet-Henrique-Planus et comme essuie-glaces Maurice Belay ou Faubert. Bref un schéma que, même bourré à 6 heures du mat’ vous ne choisiriez pas pour affronter votre plan cul à FIFA. Mais persuadé de la faiblesse globale de son équipe, Gillot joua ainsi trois saisons durant, creusant toujours un peu plus la calvitie de son président Jean-Louis Triaud, résolu, dans de telles conditions, à ne pas lâcher un centime sur un recrutement. Laissant ainsi s’en aller les derniers artistes du club comme Grzegorz Krychowiak, Floyd Ayité, Yoan Gouffran, Ludovic Obraniak ou encore Jussiê (en prêt). Cédant aux Traoré, Sané, Bellion, Diabaté ou encore Poko se charger du spectacle (horreur). Le groupe M6, pourtant habitué à la médiocrité, pour ne pas dire à la chiasse, s’impatiente alors et commece à trouver l’ennui longuet. Plusieurs fois le groupe menace de quitter le club et son président de vendre. Sauf que le mal est fait. Bordeaux est alors comme cette bonasse/conasse du collège à qui, pour le 1er avril, on a collé derrière son veston, « J’aime les queues » sans qu’elle s’en rende compte. Personne ne veut donc acheter les Girondins et Triaud ne sait pas pourquoi. Tout simplement parce que Girondin rime désormais avec valium.

 

2011.04.16_cfa2_25_joie_sala

La nouvelle mascotte de la Caisse d’Epargne

Un Batistuta bis et un joueur plus rapide que Ronaldo

Aujourd’hui heureusement l’ancien martyr du football français retrouve goût à jouer et à vivre. Willy Sagnol a amené de la fraicheur avec le peu, très peu de moyens qu’on lui a filés. A rappeler que la rumeur Zidane cet été, qui avait d’ailleurs fait du bien à l’image bordelaise, n’avait pas abouti, faute de moyens promis au champion 98.

Cet été donc, sur le marché des transferts, Bordeaux a dû tricoter. Mais cette fois-ci le tricot n’a rien d’une vieille croûte de de grand-mère, mais d’un beau lacoste (métaphore adaptée). L’inoxydable Jaroslav Plašil est revenu de prêt, tout comme la jeune promesse Hadi Sacko, prête à tout casser cette saison. Même histoire pour Emiliano Sala. Le buteur argentin, loué à Niort la saison passée, avait presque fait faire l’ascenseur à lui seul à ces brêles de Chamois niortais avec 18 buts en L2. Faisant dire à Willy l’impensable : « Pour être honnête, ça ne fait que six mois que je le suis de manière régulière (…), mais toutes proportions gardées, il me fait penser à Batistuta, au niveau du style de jeu. C’est quelqu’un qui a une énorme présence devant, qui joue énormément de son physique et qui use petit à petit les défenseurs. Ses buts seront pour la plupart issus d’un travail de sape. » Côté transfert, rien de très couteux, rassurons Triaud. Wahbi Khazri, caution technique du mercato estival Bordelais assurera le jeu en avant (merci de préciser). Même chose pour Diego Contento, débarqué du Bayern Munich, grâce aux contacts de Willy. Rarement titulaire depuis ses débuts en Bundesliga, le jeune espoir allemand de 24 printemps supplée au départ de Lucas Orban à Valence (bah oui faut bien compenser financièrement). Sagnol connait les qualités de Diego pour lui avoir enseigné comment centrer chez les jeunes du Bayern. Enfin dernier transfert, celui du prestigieux jeune Ilori, apparemment flashé au 100 mètres, chez les jeunes du Sporting, plus vite qu’un certain CR7. Même si le gamin n’a pas 30 matchs pro dans les jambes (une bulle même à Liverpool), the young portuguese serait un des plus grands espoirs à son poste. Funky s’il venait à devenir le meilleur central du monde. On dirait alors dans une dizaine d’années : « vous saviez qu’il était passé par Bordeaux ? » Et les médias français, pressés de l’interviewer, lui demanderaient : « avez-vous gardé de bons souvenirs de votre passage à Bordeaux ?’‘ lui répondrait : « Ce fut court, mais bordeaux était une belle ville, avec de bons vins. » Bref, une nostalgie qu’on aurait même pas imaginé sous Gillot. Samedi, sous l’impulsion de cette nouvelle dynamique, Sagnol est devenu le premier coach de l’histoire du club à débuter par… trois succès.

 

Q.M.


Tags: , , , , , , , , , , , , , , , , ,


A propos de l'auteur


Rédacteur en chef d'Onlyfootball.fr. Numéro 8 bourrin, amateur de belles sacoches et accessoirement de petites brunettes bretonnes aux yeux marrons.



Back to Top ↑
  • FILE L'INFO

  • WHISKY PARTY


  • TORTILLA : ICI, C’EST LA LIGA

  • ONLYFOOTBALL SUR FACEBOOK !

  • Résultats match en direct Ligue 1 fournis par footendirect.com

  • ONLYFOOTBALL SUR TWITTER !


  • BIER BUT AND ROCK N ROLL

  • LA VIDEO DU MOMENT

  • ONLY PUB

  • ONLY CLASSEMENT

    Calendrier foot offert par footendirect.com