LIVRES Rudi-Garcia-Roma

Publié le 25 02 2014 | par Théophile Lefebvre

Confession d’un Néo-Romanista : L’autobiographie de Rudi Garcia (2/2)

L’autobiographie d’un des entraineurs les plus cotés du moment vient de paraître, on se devait de la lire. Et, bien entendu, de vous en faire un résumé ensuite. 

 

Quelques mois après la fausse arrivée à l’OM, Garcia rebondit à Dijon, en National. Un mal pour un bien puisqu’il dispose là bas des pleins pouvoirs sportifs et d’une excellente relation cette fois ci avec le président Bernard Gnecchi. C’est d’ailleurs en Bourgogne qu’il va repérer Barel Mouko, alors jeune goal, pendant une journée de détection. Celui ci n’ayant pas ses papiers il lui offre un contrat de 3ème goal. Et ce dernier est tellement bon à l’entrainement qu’il devient le portier titulaire lors de la saison de l’accession en L2. Puis gardien de la sélection congolaise (10 ans plus tard, Garcia le ramènera même dans le Nord, il a notamment joué les derniers matchs du LOSC la saison passée). En cinq ans Garcia fait donc monter Dijon en L2 (dont il finira 4ème) et joue une demi-finale de Coupe de France. Beau parcours mais il en veut toujours plus, notamment découvrir l’échelon supérieur. Le Mans et son président, Henri Legarda, lui offre cette opportunité à l’été 2007. Avec un effectif pétri de talent (Matsui, Basa, Y.Pelé, Gervinho, Grafite, De Melo entre autres) il fait rapidement des merveilles et réalise ce qui encore aujourd’hui est la meilleure saison de l’histoire du Mans avec une 9ème place en L1. Encore une fois Rudi Garcia vise plus haut, il s’aperçoit qu’un cycle est en train de se finir au Mans avec les fins de contrats et velléités de départ d’une grande majorité des titulaires. Ça tombe bien, le LOSC vient de voir Claude Puel partir à l’OL et le désire pour remplacer ce dernier. Le désormais ex-entraineur manceau n’hésite pas et saute sur l’occasion pour rejoindre le club qui lui a offert ses premières émotions de footballeur. 25 ans après. On lui demande alors d’assurer une place dans la première partie de tableau aux lillois. Que nenni, au risque de passer pour présomptueux il annonce tout fier que le LOSC est un club ambitieux et qu’il doit viser au moins la qualification européenne. Ce qu’il arrive à faire au terme d’une saison pleine de rebondissements et d’une victoire au finish face à Nancy qui assura la 5ème place. Il peut alors partir en vacances pour se reposer de cette 1ère année lilloise riche en émotions.

 

Enfin pas tout à fait puisque le directeur général Xavier Thuilot le convie alors à une réunion pour faire le bilan de fin de saison. Une réunion qui paraît lambda en apparence. Mais, arrivé sur place, Garcia apprend à sa grande surprise qu’il est démis de ses fonctions par un Thuilot pas du tout embêté, lui reprochant notamment de ne pas faire confiance aux jeunes et des défaillances sur le plan relationnel avec certains joueurs (Tafforeau et Malicki sont qualifiés de « traitres » dans l’ouvrage). L’histoire ensuite avec la réintronisation est connue. Tel un remake de Reservoir Dogs, c’est finalement Thuilot qui sautera. Garcia se complait à parler de lui comme de l’arroseur arrosé. Le désormais entraineur de l’AS Roma ne sait toujours pas aujourd’hui les raisons exactes du volte face du Président Seydoux et de son maintien comme entraineur. Mais le fait est que Seydoux fut bien inspiré quand on sait le succès qu’eut Garcia au LOSC ensuite avec notamment le doublé en 2011. Un doublé considéré comme son plus grand aboutissement d’entraineur à ce jour. Garcia raconte notamment que cette année là, Gervinho reçut un coup de fil étrange de son compatriote Didier Drogba dans le vestiaire de Luchin. Il lui demanda expressément de passer le téléphone au prodige belge Eden Hazard car quelqu’un voulait lui parler. A l’autre bout du fil se trouvait Roman Abramovich, bien décidé à lui faire rejoindre Chelsea. Chose qu’il réussira finalement l’été suivant et tout laisse à penser que cet épisode n’y fut pas anodin. Puis vient la dernière saison lilloise de Garcia où celui ci confie qu’il était persuadé jusqu’à la dernière seconde que Salomon Kalou offrirait la qualification européenne aux lillois lors de l’ultime match face aux Stéphanois. Ce qui n’arriva pas et qui l’amena à reconsidérer son avenir lors de l’été 2013. Alors en vacances en Espagne sur ses terres natales il reçut un coup de fil de son agent le conviant à une réunion avec Sabatini le dirigeant romain qui voulait le voir. Ne croyant pas vraiment que cette piste puisse aboutir Garcia s’y rendit tout de même avec cette idée de « De toute façon je n’ai rien à perdre » qui le caractérise si bien. Sur place le rendez vous se passe idéalement bien et quelques jours plus tard s’organise la rencontre déterminante avec James Pallotta le patron américain à New York. Contrairement au cas Zeman, qui fut rapidement licencié, Pallotta veut cette fois ci avoir un pouvoir de décision et d’approbation pour le choix de l’entraineur qui remettra en selle son club, traumatisé par la défaite face à la Lazio en Coupe d’Italie la saison passée. Et un bon feeling s’installe entre les deux hommes. Rudi Garcia appréciant le « coté humain et sympathique d’un homme aux grandes responsabilités » et Pallotta voyant en lui un entraineur ambitieux et talentueux. Direction la capitale italienne pour Garcia donc, où un contrat de deux années l’attend. Entre temps, le contrat lillois a été résilié d’un commun d’accord avec le président Seydoux, se rendant bien compte de la fin d’un cycle et voulant se tourner vers d’autres horizons.

 

Rudi et Totti

Très vite, le coach Français a su se mettre dans la poche les cadres de l’AS Roma

 

Arrivé au centre d’entrainement de Trigoria, Garcia, ayant été habitué aux installations dernier cri de Luchin n’est pas tellement impressionné. Un peu vieillot se dit-il, mais un nouveau centre arrive d’ici 2016. Pas sur qu’il sera encore présent d’ici là néanmoins. Dans ce complexe un bureau en particulier l’intrigue. Un bureau dont les murs sont tapissés de dessins d’enfants à la gloire de l’idole Francesco Totti. Il se renseigne et découvre que celui ci appartient au dénommé Vito Scala. Un homme dont l’unique tâche est de s’occuper de la préparation physique personnelle du capitaine des giallorossi. Alors que tous les joueurs sont encore en vacances Garcia se rend compte dès lors du culte qui est voué à Totti. Là où les casiers des autres joueurs sont vides celui de Francesco est rempli de cadeaux de toutes sortes. Celui ci est le deuxième à répondre au texto de bienvenue qu’envoie Garcia à ses nouveaux joueurs. Une fois l’homme rencontré, le nouvel entraineur romain en fait l’éloge pendant une demi-douzaine de pages. Il nous y décrit un homme simple qui ne fait pas de la fausse modestie mais est naturellement humble. Sur le terrain il lui fait penser aux plus grands joueurs tel que Platini qu’il aimait tant. Ceux qui font paraître le football si simple avec tant d’efficacité. « L’étincelle dans mon jeu collectif » le qualifiera t-il. Puis durant l’avant saison Garcia prend conscience du traumatisme qu’ont vécu les joueurs romains avec la défaite face à l’ennemi biancocelesti. Mais un groupe soudé ressort de cette expérience et suite aux quelques ajustements (comme le départ d’Osvaldo que Garcia considérait comme incapable de continuer à la Roma avec la pression) la Roma aborde la nouvelle saison affutée. La suite on la connaît avec les 10 victoires d’affilés et la deuxième place de la Roma d’un « Sergent » Garcia considéré comme le Mourinho français en Italie.

 

Tout le paradoxe d’un homme difficile à cerner ressort dans cet ouvrage, disant vivre uniquement dans le présent mais se projetant toujours idéalement dans le futur aux moments charnières de sa carrière d’entraineur.  On regrettera que l’aspect tactique soit trop peu évoqué par un des plus grands techniciens français actuel. Néanmoins pas mal de zones d’ombres sont éludées quant à la carrière si atypique du franco-espagnol. Et au fil de la lecture on se surprend à s’attacher à l’homme sensible se dissimulant sous l’étiquette d’entraineur à succès. 

 

T.L

 


Tags: , , , , , ,


A propos de l'auteur


Le Patrick Kluivert de la rédaction.



Back to Top ↑
  • FILE L'INFO

  • WHISKY PARTY


  • TORTILLA : ICI, C’EST LA LIGA

  • ONLYFOOTBALL SUR FACEBOOK !

  • Résultats match en direct Ligue 1 fournis par footendirect.com

  • ONLYFOOTBALL SUR TWITTER !


  • BIER BUT AND ROCK N ROLL

  • LA VIDEO DU MOMENT

  • ONLY PUB

  • ONLY CLASSEMENT

    Calendrier foot offert par footendirect.com