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Publié le 23 01 2014 | par Quentin Müller

Leicester City : Grosse queue de Renard

Fox Kids et Firefox peuvent se réjouir, Leicester City devrait, sauf cataclysme, monter en Premier League. Avec 18 victoires et 5 points d’avance sur QPR, les Foxes devraient donc retrouver la Premier League, près de 11 ans after leur dernière apparition en première division. Après avoir longtemps connu la D2, et même la D3, les potes d’Anthony Knockaert frappent à la porte de la maison mère. Focus sur un club qui sent bon le coin de pub, le fish dans chips et la Guinness. 

 

En Angleterre, il y a des villes-football, et pour tout le reste, il y a Leicester. Une agglomération moyenne de 330 oo0 habitants qui a pour seul exploit d’avoir accueilli la sixième édition de l’Europa Cantat, la fédération Européenne des choeurs, en 1976. D’avoir découvert en son sein le squelette de Richard III, près de 610 ans après son couronnement, ou d’être la ville d’origine du groupe Kasabian, qui a récemment déclaré le coté cauchemardesque de Miley Cyrus. Pour le foot, on repassera tant les fans de Leicester ont appris à ne plus se bourrer la gueule après chaque défaite. Troisième, puis vice champion en… 1929, le dernier titre des Foxes remonte à l’an 2000. Leicester avait en effet commencé le XXIe siècle par avec une victoire en finale de League Cup contre Tranmere Rovers. Match dont personne ne semble se souvenir. Depuis, plus rien mis à part trois apparitions en Premier League, pour deux relégations. Quelques changements de directions, de coachs et une descente en League One (D3) plus tard, voilà que la formation Nigel Pearson (personne) domine de la tête aux épaules la D2 Rosbif. Une info pas si étonnante que ça. Car déjà la saison passée, les Foxes étaient passés à deux doigts de la montée. Et après s’être défait de Nottingham Forest dans les arrêts de jeu, Leicester s’était imposé 1-0 contre le Watford de Gianfranco Zola en demi-finale aller. Au retour, alors que Watford mènait au score 2-1, le jeune Français, Anthony Knockaert, transféré de Guingamp obtient un penalty au bout du bout du temps additionnel. 97e minute, le natif de Roubaix s’avance pour transformer la sentence qualificative pour Wembley et la finale contre Crystal Palace. Son tir au but est repoussé par l’ancien portier Gunner, Almunia. Sur l’arrêt, Watford mène le contre et marque sur l’action. La désillusion est terrible et Leicester rate le coche. On se dit alors que de nouveaux Play-Offs seront laborieux à obtenir.

 

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De droite à gauche, Peter et Kasper, qui est donc actuellement le number One des Foxes

Pic: Tim Keeton / Impact Images.Kasper Schmeichel, Precision Training

Le dernier de la lignée Schmeichel avec le papa, Kasper

 

 

 

 

 

 

 

 

Schmeichel Jr et un président Thai 

Que nenni, les Foxes sont come-back et beaucoup plus forts. Après avoir réussi à conserver ses quelques bons joueurs, la direction du Leicestershire s’est même permis de renforcer son équipe afin d’assoir sa formation sur le trône de la Championship. Le redoutable Gary Taylor-Fletcher, buteur de bas étages, Marcin Wasilewski, le boucher-vétéran Polonais, Ignasi Miquel, l’ancien Barcelonais vainqueur du championnat d’Europe 2011, ou encore la pépite Havraise, Riyad Mahrez, sans oublier le légendaire raccroc, Kevin Philipps (40 ans), ont tous accepté de venir écrire une nouvelle page de l’histoire de Leicester. Plus que la saison passée, City possède un banc et une équipe saine et équilibrée avec un bon buteur, Nugent, (15 buts), un milieu créateur formé à M.United, Drinkwater, (littéralement ‘boit de l’eau’), et un excellent gardien fils de, Kasper Schmeichel. Le tout avec quelques vieux briscards qui connaissent la Championship comme leur poche. On pense à l’ancien latéral de Fulham et de Liverpool au look Martien, Paul Konchesky, au Jamaicain Wes Morgan (plus de 400 matchs avec Nottingham Forest), au Ramsey du pauvre, le très intéressant Andy King ou encore à Lloyd Dyer, dans la pure tradition des ailiers Anglais. C’est que le milliardaire Thaïlandais, Vichai Srivaddhanaprabha, au blaze imprononçable, n’a pas hésité, à quelques reprises, à injecter un peu de fric, là où ses prédécesseurs se montraient très frileux. Au départ principal sponsor, le Thai s’est ensuite mis en tête de faire de Leicester une entreprise familiale où son fils, Aiyawatt Raksriaksorn, est le vice-président. Aujourd’hui Leicester est un club qui paye plutôt bien. La famille Thai lâche en effet pas moins de 17 M sur l’année en salaire. Une putain de masse salariale pour un un club de lower middle class. 

 

Jamie+Vardy+Leicester+City+v+Millwall+Sky+a9bYibF8JaWl

Vardy, un non-leaguer dans la League

La daronne de Paul et un joueur de D5

A Leicester on la joue moderne. De bons latéraux, des ailiers créatifs, et deux attaquants corrects, le tout dans un 4-4-2 à plat qui ne laisse pas de place aux 0-0. Pas étonnant que la formation du Leicestershire soit la deuxième meilleure attaque et possède la meilleure différence de but de Championship. Avec sa moyenne d’1.82 but par match, vous l’avez compris, le futur promu a du caractère. A l’image de son latéral, Konchesky, qui, après un succinct passage à Liverpool, avait vu sa mère prendre sa défense en traitant les supporters des Reds « d’ordures de Scousers » et Roy Hodgson, son ancien coach et accessoirement sélectionneur des Three Lions, de « belle merde ». Le clan de l’ancien Cottagers créa même une page facebook agressive au possible qui ne cessa de publier des commentaires de haine avec de belles punchlines telles que :  « Les Scousers sont des crasseux», « Ce sont que des pauvres cons ignorants qui parlent bizarrement », « Tous des paysans ces Scousers ». Avant que les plus hautes instances du football n’exige fermement la suppression de la page. A l’image aussi de Jamie Vardy, un attaquant besogneux qui crache et lâche des ‘Fock fock’ à chaque perte de balle. Un type débarqué de D5, puissant, bagarreur et du genre à se targuer d’avoir foutu la tête où personne ne mettrait un orteil. Cet ex non-leaguer (ancien amateur) qui plantait un caramel par match avec Fleetwood Town, continue toujours de marquer après avoir grimpé de trois divisions. Belle affaire donc pour Leicester, qui ne fait pas qu’investir sur des noms. Deuxième meilleur buteur du club avec 8 pions, Vardy s’avère être une vraie bonne affaire. Payé pour un montant record de plus d’1M £ plus bonus (record pour un non-league), l’Anglais forme la meilleure paire de D2 avec Nugent. A eux deux, les Rosbifs en sont à 23 buts en Championship.

 

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Antho, le Bleu de Leicester

La star Antho Knockout

Au lendemain de sa demi-finale contre Watford, les tabloïds Anglais mettaient en exergue leurs talents de rigolos en publiant ‘KNOCK OUT’ (comprendre K.O). Peu rancuniers du penalty crucial loupé, les fans de Leicester sacreront tout de même Antho meilleur joueur de la saison. Ce dernier part alors se ressourcer dans le Sud de la France. L’ancien transfuge du RC Lens éteint son portable un bon moment, le temps de repartir de zéro. Il faut dire qu’Anthony Knockaert connait outre-Manche une belle cote de popularité. Surnommé Knocky (pour sa petite saucisse sic.), et souvent assujetti à de nombreux jeux de mots de la part des tabloïds type ‘to knock goals in’ (comprendre affoler les compteurs) ou ‘a knock-on’ (comprendre une prolongation), l’ancien chouchou du Roudourou espère bien monter cette année et se racheter définitivement après une brillante première saison (44 matchs-8 buts) où le puceau avait réalisé un improbable brace (doublé) contre Huddersfield le 2 octobre 2012.

Ultra percutant, imprégné par le fighting spirit, dribbleur et amateur de chevauchées en tous genres (bande de coquins), Antho s’est fait un nom même si en Championship, plus que partout ailleurs, si tôt qu’un joueur sort une roulette, un râteau ou un geste technique qui diffère du centre ou de la cloche, on en fait un messi(e). Même si l’international espoir Français (3 caps-1 but) a tendance à dribbler toute une défense et à ne pas cadrer, le milieu de poche des Foxes est un sacré bon bol d’air pour des fans davantage habitués au tacle et au gazon pourri. Engagé à Guingamp par Xavier Gravelaine (si-si) après avoir notamment été viré par Lens pour sa trop petite taille, ‘professeur Knock out’ pourrait bien être la nouvelle hype et le nouveau hipster de Leicester. Lui qui met déjà à genoux la moitié des minettes du Leicestershire. Auteur de 5 buts cette saison, Antho a déjà réalisé 60% de son total précédent et espère cette fois-ci planter LE péno de la montée.

 

Stoke City v Leicester City

Tu veux qu’on s’la donne ?

 

Une branche supporter en perdition…

A 20 euros la place économique, on se dit que le King Power Stadium (32 500 places) est un sacré stade de cocu. Dommage donc qu’il soit que très rarement plein même si tout le monde s’accorde à dire que Leicester City ne fait en rien partie du patrimoine du foot Anglais. Pourtant les Foxes ont eu une branche d’hools relativement active (oui-oui). Dans les années 2000, la Perfide Albion classe même Leicester comme le deuxième club le plus violent d’Angleterre. La Baby Squad, firm d’hooligans de Leicester, tabasse tout ce qui brandit et porte un maillot aux alentours. Les fans de Chelsea, principaux rivaux, ne vous diront pas le contraire. Les branches voisines, Nottingham Forest, Derby County et Coventry, passèrent également sur le corbillard. Aujourd’hui beaucoup ont arrêté leurs activités et se sont retirés, préférants se repentir dans d’autres activités toutes aussi violentes et illégales, mais moins bridées. Il est donc loin le temps où la Baby Squad offrait une branlée mémorable à la Service Crew de Leeds United. Loin le temps où on se tatouait un renard sur les épaules, le gras du ventre et même sur le phallus entre deux Guinness. Loin le temps où on fracassait du crâne de Blues à coup de marteau et de batte. Fin des Nineties, c’est la Young Baby Squad qui reprit le flambeau, en douceur et avec plus ou moins de réussite. Car la jeunesse des pires banlieues d’outre-Manche s’intéresse aujourd’hui davantage aux conneries du net qu’à exprimer son ras-le-bol gouvernemental à travers le ballon rond. Du coup, côté ultra et supporter du Leicester, on se retrouve à faire le mix avec quelques rescapés des vieux de la vieille et une poignée de jeunes rasés aux baskets trouées et soupçonnée de vivre sur ses alloc’ par la télé Anglaise. Un savant mélange bien chanceux d’être en passe de retrouver une élite qui l’a pourtant toujours repoussé.

 

Q.M.

 

Crédit Photo : Zimbio.com.

 

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A propos de l'auteur


Rédacteur en chef d'Onlyfootball.fr. Numéro 8 bourrin, amateur de belles sacoches et accessoirement de petites brunettes bretonnes aux yeux marrons.



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