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Publié le 28 01 2014 | par Quentin Müller

F.Volpe : « Les Chiliens pensent que les Français ne sentent pas bon parce qu’on a inventé le parfum »

Formé à Montpellier au milieu de la brillante génération 1990, Florian Volpe n’a pas connu le même sort. Moins talentueux et peut-être aussi moins chanceux. Mais le natif de Sètes ne regrette rien et n’en veut à personne. Bien installé au Chili, où ce dernier tape la balle chez la D2 locale, Volpe ne pense pas à un retour en Europe. L’Amérique du Sud l’a adopté orphelin, et lui l’a adopté en y fondant sa famille. Entretien. 

 

Comment ça se passe une carrière en D2 Chilienne ?

Ça va, ça commence à aller mieux. Car les premier six premiers mois ont été durs. Je n’étais pas considéré. Quand je suis arrivé, je ne connaissais rien du jeu de là-bas. L’entraîneur m’a au départ mis de côté pour que je me prépare. Je me suis beaucoup entraîné seul et j’étais rarement retenu pour les matchs. Maintenant, ce n’est plus le cas et tant mieux… Aujourd’hui je joue au Magallanes. Un club qui a pour objectif de jouer un jeu attrayant. Notre entraîneur essaye de mettre en place un système où on construit toujours en jouant au sol . Moi le coach me fait jouer milieu défensif pour être a la base de la création et surtout bien ressortir les ballons. Maintenant mon contrat se termine en mai prochain. J’avais signé 1 an et demi.

 

Justement pourquoi avoir choisi le Chili ? Alors que d’autres choisissent les bas fonds de l’Angleterre ou la Ligue 2, le National.

Je n’avais pas d’agent après être sorti du centre de formation de Montpellier. Ça a fortement compliqué la tâche. J’avais pourtant appelé, envoyé des mails mais je n’ai eu quasi jamais eu de réponses. Du coup mon cousin vivait au Chili et m’a lancé : ‘Si je te trouve pour toi un club, tu viendrais ?’ J’ai dit : ‘Pourquoi pas ?’ Et il a réussi à obtenir un essai au Deportivo Universidad Católica qui est l’un des grand club du pays. J’ai acheté mon billet d’avion et je suis venu faire mon essai. Après eux mon dit qu’ils possédaient déjà un groupe plein. Ils m’ont du coup orienté vers Magallanes.

 

Tu as un agent maintenant ?

Oui. Il est d’ici et j’aime sa façon de travailler.

 

Et tu vas prolonger ou aller tâter le ballon ailleurs ?

Je ne sais pas du tout. Je n’ai pas de plan en tête. Je laisse faire les choses et on verra comment ça se passe. C’est vrai qu’avant de partir j’aimerais découvrir la première division.

 

Tu nous rappelles ce qu’est la génération 90 à Montpellier ?

J’ai fait mes classes avec les Cabella, Belhanda, Stambouli, Martin, Mezague, ou encore El Kahoutari. De mes 13 ans à mes 20 ans j’ai passé ma formation à la Paillade avec eux. On vivait avec des sœurs, ça a duré deux ans ça. C’était une vie tranquille et normale. Chacun avait sa pièce, on avait un grand espace pour jouer, car on était encore des gamins à l’époque. Après, le soir, on avait une sorte ‘d’étude’ avec un surveillant pour faire les devoirs et avant 22h00 on devait tous rendre nos téléphones portables. C’est qu’en fin de semaine qu’on rentrait quasiment tous chez nous.

 

Les sœurs étaient gentilles, on avait tout juste 13 ans du coup elles se chargeaient aussi de nos éducations.

 

Par rapport aux enfants d’autres religions ? Elles se comportaient exactement pareil. Je peux te dire qu’il n’y avait pas de différence ou quelconque favoritisme. Elles étaient juste gentilles avec ceux qui se comportaient bien et plus sévères avec les pénibles. On a grandi ensuite et quand on n’avait plus l’âge de ce genres de choses, on a quitté les sœurs.

 

Il te manquait quoi pour passer pro comme eux ?

A la fin, le club doit faire le tri, des choix. Au moment où ils ont signé pro, ils avaient plus de talent, ils avaient déjà explosé. Après un club ne peut pas faire signer toute une génération professionnel. Ce n’est tout simplement pas possible. Même s’il y en a beaucoup qui ont signé.

 

Tu as gardé le contact avec certains ?

Oui. Surtout avec Cabella, car au centre on a eu une relation très fraternelle. C’est comme un frère pour moi malgré la distance.

 

Il t’a lâché une info sur un potentiel transfert à Newcastle ?

 Non. Quand je parle avec lui, on parle plus de la famille etc… Sa carrière pro je peux la suivre autrement.

 

Quand tu étais à Montpellier, il t’est arrivé de rencontrer Loulou ?

Une fois, mais le Président, quand on est au centre, on ne le voit pas beaucoup.

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Parles moi de la vie au Chili. Tu t’en sors en Espagnol ?

Oui même s’il y a encore des gens que j’ai du mal à comprendre. Ce sont souvent ceux qui parlent très vite. Puis il me manque toujours du vocabulaire. Sinon la vie ici … Ben déjà la température en hiver est super basse. Il fait super froid et en été il fait super chaud le soleil brule. C’est une obligation de mettre de la crème indice 50. Au début je n’avais pas l’habitude, car en France moi je mettais du Monoï (rires). Les gens ici sont accueillants. Ils sont fous de football. Quand y’a un match de l’équipe nationale, ils mettent tous le maillot, même devant leur télé. Vidal et Sanchez sont vénérés. C’est une religion ici le foot.

Je me rappelle que quand ils s’étaient qualifiés pour le Mondial c’était de la folie. Nos murs tremblaient. 

 

On mange beaucoup de chili con carne au Chili ? 

Non on mange surtout de l’Empenada. Ce sont des sortes de chaussons salés. Il y en a beaucoup de sorte. Les plus connus sont au fromage et au « vino » qui est une sauce à base de viande.

Niveau salaire tu t’en tires comment ?

Pas beaucoup vu que c’était mon premier contrat ici. Mais j’ai de quoi vivre avec ma famille. C’est diffèrent de l’Europe. La bouffe est généralement moins chère. Après pour l’électronique c’est différent. Internet et les téléphones portables et tout ce qui en découle, c’est plus cher qu’en France.

 

Tu sens qu’il reste quelques cicatrices de la dictature ?

Non. Fin ça ne se ressent pas.

Quel est le niveau ambiant de la D2 chilienne ?

Le niveau est plutôt bon. Ici y’a de vrais joueurs de ballon. Je dirais que la différence avec le niveau européen c’est qu’il manque grandement de tactique. Après tout dépend des équipes, Mais les grosses équipe pourraient même avoir le niveau de petites équipes de Ligue 1. C’est quand même dur de comparer car ce sont deux football bien différents.

 

Les ambiances au stade c’est comment ?

Pour les grosses équipes y’a de bonnes ambiances. Le Deportivo Colo-Colo (45 titres de champion ndlr), quand le stade est plein, y’a une putain d’ambiance même si des fois les supporters peuvent dépasser les bornes. Si l’équipe joue mal, parfois ça dérape un peu dans les tribunes. C’est pareil dans tous les pays, ça peut chauffer entre supporters.

Ça arrive qu’ils jettent du PQ mais pas autant qu’en Argentine, je te rassure.

T’as une chanson ou un surnom la bas ?

Ils ne m’appellent pas Florian, mais Francia.

Il y a peu d’étrangers comme toi en D2 non ?

Il y en a mais pas de Français. Par contre y’a pas mal d’Argentins et de Paraguayens.

Ca dit quoi au Chili de Ligue 1 et des Français ?

 

Le championnat Français, ils n’en parlent pas trop. Ils ne connaissent que Monaco ou le PSG. Le seul truc qu’ils pensent sur les Français c’est qu’on sent pas bon car on a inventé le parfum… (rires).

 

Q.M.

Merci à Florian d’avoir accédé à ma demande, près de 6 mois après ma demande.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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A propos de l'auteur


Rédacteur en chef d'Onlyfootball.fr. Numéro 8 bourrin, amateur de belles sacoches et accessoirement de petites brunettes bretonnes aux yeux marrons.



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