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Publié le 27 11 2013 | par Anthony Monteiro

Culture supporters #02 – L’AS Roma et l’histoire de la Curva Sud

Aujourd’hui c’est Dimanche ! Et comme tous les Dimanches sur OnlyFootball, vous avez rendez-vous avec « Culture Supporters ». Un grand dossier dédié aux plus grands clubs et aux plus fervents supporters de la planète football. Aujourd’hui direction l’Italie pour parler de l’AS Roma et de ses supporters de la Curva Sud, ce célèbre virage du Stadio Olimpico qui a été le théàtre d’interminables discordes entre groupes ultras.

 

Veni, Vedi, Vici

L’AS Roma a été fondée le 22 Juillet 1927, dans une Italie qui écrivait alors une des plus sombre page de son histoire, sous le régime d’un certain Mussolini. La ville de Rome de ce temps la comportait 5 clubs : l’Alba Audace, Fortitudo, Pro Roma, Roman FC et la Lazio. L’AS Roma est donc née d’une fusion de tous ces clubs, excepté bien-sûr l’éternel rival de la Lazio qui a refusé catégoriquement toute affiliation avec le nouveau né. Le club a d’abord évolué dans l’enceinte du Motovelodromo, ensuite elle déménage au Campo Testaccio puis au Stadio Flaminio, avant de s’installer définitivement au Stadio Olimpico qui aura été l’antre des plus grandes heures de gloire des Giallorossi.

 

Les grands clubs ne tardent pas a être compétitifs des les premières années de leur existence. La Roma confirme cette règle, même si elle ne gagne pas de titres majeurs jusqu’en 1942, date à laquelle elle soulève son premier Scudetto. Elle termine néanmoins vice-championne en 1931 et en 1936. Dans son ascension perpétuelle, le club romain trébuche en 1951 où il est relégué en Serie B. Mais la Roma ne fait pas de vieux os avec les seconds couteaux puisqu’elle est promue en Serie A une saison après. Cette saison 1951/1952 revient donc parmi les grand après avoir vécue l’unique saison en Serie B de son histoire.

 

Le retour au premier plan de l’AS Roma coïncide avec leur installation dans leur nouvelle maison du Stadio Olimpico en 1953. C’est durant cette ère nouvelle pour les giallorossi que naissent les premières légendes du club. C’est le cas de Dino Da Costa, ce brésilien naturalisé italien est recordman de buts dans les derbys romains. Autre crack du club romain, deuxième recordman d’apparitions son les couleur de la Roma derrière un certain Francesco Totti. Le club de « la Lupa » va enfin être sacré au niveau continental durant l’année 1961 en remportant l’ancêtre de la Coupe UEFA alors baptisée « Coupe des villes de foires ». Il leur faudra attendre 1991 pour soulever la Coupe UEFA, à noter aussi que le Ligue des Champions leur échappe en finale lors de l’édition 1984. Le club romain n’est cependant pas considéré en Italie comme faisant partie des plus grands club du pays. La concurrence est rude avec des équipes telles que le Milan AC, la Juve, l’Inter. La route est encore longue pour les giallorossi, mais il faut rappeler que l’AS Roma c’est 2 Coupes d’Europe, 3 Scudetto, 9 Coupes d’Italie, 2 Supercoupe d’Italie et un titre de Champion de Serie B. Un palmarès tout a fait honorable donc…

 

La Curva Sud, une histoire de divisions

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La Curva Sud en folie après la victoire lors du derby Romain

Avant 1977, la tribune de la Curva Sud regroupait une ribambelle de groupuscules plus ou moins importants. Les chants étaient lancés sans réelle coordination. Parmi eux, on dénombre 4 groupes dominants : Guerriglieri della Curva Sud, I Fedayn, I Boys, La Fossa dei Lupi. Tous ces collectifs décident alors de s’unir et de donner naissance au « Commando Ultrà Curva Sud » en suivant le modèle des premiers groupes ultras italiens, et plus précisément du groupe « Gli Ultra Granata ». De 1977 à 1987 le groupe va se répandre considérablement en Italie et à travers le monde. Le CUCS (Commando Ultrà Curva Sud) vit des jours heureux, les problèmes sont extrêmement rares en tribunes, la police n’escortait d’ailleurs pas le groupe tant les gens savaient se tenir et étaient respectés.

 

A l’été 1987, l’unité du groupe a commencé à se désagréger lorsque la Roma décide d’acheter Manfredonia, un joueur ayant évolué deux ans plus tôt sous les couleurs de l’ennemi juré de la SS Lazio et qui avait fait des déclarations calomnieuses à l’encontre des supporters de la Roma. Pour vous donner une idée, ce serait comme si Taiwo signait au Paris SG après sa tristement célèbre chanson. Pas sûr que les supporters parisiens apprécieraient…
Des banderoles commencent alors à apparaître avant l’officialisation du transfert, sur lesquelles on peu lire « Viola ne nous vomi pas Manfredonia » ou encore « Achetez tout sauf les vendus ». Le président d’alors décide de quand même acheter le joueur au détriment des supporters, ce qui va avoir pour effet de diviser le CUCS définitivement. On retrouve alors deux groupes, le GAM (Groupe anti-Manfredonia) et le Vecchio CUCS. Le Vecchio CUCS n’est pas d’accord pour rejeter totalement Manfredonia contrairement au GAM qui continue sa lutte de protestation contre le joueur à l’image de messages tels que « Manfredonia scélérat, nous ne t’aimerons jamais ». Le Vecchio CUCS pense lui que le joueur jouait pour la Roma, et que même si il était mal aimé des supporters, il ne pouvait en aucun cas être sifflé

 

La tension commence à monter entre les deux parties, à tel point qu’une bagarre générale finit par éclater en tribune lorsque le CUCS-GAM brandit une énième banderole contestataire. A partir de cet événement, on revient alors au point de départ pour revenir avec les 4 groupes initiaux.
Les tribunes se politisent et la Curva Sud voit se multiplier les groupes d’ultra qui n’accueillent non plus leurs membres en fonction de l’amour qu’ils portent au club mais à leur opinions politiques. La division est désormais totale.

 

Depuis une dizaine d’année, l’AS Roma Ultras dépoussière un peu les traditions en inventant des nouveaux chants et des chorégraphies pour supporter les Giallorossi. Malgré tout, les rancœurs personnelles, l’impossibilité de retrouver un groupe dominant, le manque de soutien du reste de la tribune ainsi que le désaccord avec les vieux groupes font que les supporters actuels ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils étaient par le passé et ne retrouveront certainement jamais l’ambiance qui régnait dans leur fief il y a une trentaine d’année.

 

 

 

Anthony Monteiro.

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A propos de l'auteur


Attaquant, plus connu pour ses ratés que pour ses ciseaux accrobatiques



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