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Publié le 06 05 2013 | par Quentin Müller

Corentin Jean au calme

Il écoute du Gilbert Montanier quand les autres s’ambiancent sur du David Guetta, il vient d’un minuscule village quand les autres viennent des zones urbaines. Il aime bouffer des tacles, des semelles, et la boue quand d’autres rechignent à aller au combat. Il a débuté en Ligue 1 à tout juste 17 piges alors que les autres attendent encore. Il s’appelle Jean, et les autres il s’en tape.

 

Entamer une carrière pro à 17 ans ce n’est pas banal, surtout en Ligue 1 et en prime au sein d’une formation relégable. Mais plus que Nancy ou encore Reims, Troyes sait jouer au football. Et qui dit passion pour le jeu, dit passion pour les techniciens. Les bons techniciens, qu’il aient 35 ou 17 ans, rien ne change. Né en juillet 1995, Corentin Jean a été dépucelé il y a un peu plus d’un mois. C’était lors d’une défaite contre Rennes. Le petit attaquant Troyen (1m70) entre en jeu pour dynamiter la défense Bretonne mais se retrouve expulsé seulement quelques minutes après son entrée. Question début, on a vu mieux, mais aussi plus ordinaire. Car c’est ce qui différencie les autres jeunes à Jean. Le type est original. Un jeune campagnard né dans un village de 150 personnes, conquis par la musique des années 80, qui déborde d’énergie, à la limite de la suractivité.  » Il est infatigable. Quand j’allais couper du bois, il venait avec moi, il prenait la brouette et il ne savait pas faire ça doucement. Quand on faisait des sorties à vélo pareil, se remémore son père. A sept ans, on faisait dix kilomètres, je le distançais pour voir comment il allait réagir. Et il revenait. Puis on est passé à quinze kilomètres, vingt kilomètres. Jusqu’au jour où je ne pouvais plus le suivre ! (Rires.)  » En réalité Jean n’est pas quelqu’un d’impressionnable, ni un jeune joueur classique. Point du tout formaté par la communication d’un agent, le jeune répond à ‘Tout ne va pas trop vite?’- » Tout ce qui m’arrive, oui, ça va vite. Trop vite ? Je ne sais pas… J’ai un bel avenir, j’ai de grosses qualités «  Aucune prétention, ni aucune langue de bois, juste une belle preuve de maturité alliée à un mental sans faille. Pour sa première un peu gâchée par son expulsion, le jeune n’eut aucun problème pour redémarrer de plus belle.  » Après son expulsion on se demandait comment il allait réagir, s’est interrogé son père, la fin du match, il n’était même pas marqué. Il est passé très vite à autre chose. Il est comme ça Corentin souligne encore son père, dessinateur industriel.  » Non pas que le gamin est un kamikaze, mais presque. Les coups ? Il s’en fout. Tout comme l’optique de couler en pleine croisière. Non, Jean n’a rien d’un Concordia. Le petit Bleu s’apparente à un voilier sans crainte.  » Il n’a peur de rien, ce con ! Les tampons, il aime ça. Il est plus boucher que veau et c’est une qualité pour un attaquant !  » 

 

Un sérieux au service du potentiel

Mais au-delà de ça, Jean est un garçon sérieux. Peut-être que ce sont les chançons de Gilbert Montanier qui canalisent le gamin. Grand fan du chanteur aveugle, Jean ne s’en cache pas :  » J’ai la tête sur les épaules, ce qui me fera aller très loin. Je ne peux pas être comme les jeunes de mon âge, je ne peux pas manger n’importe quoi, sortir en boîte, Je ne veux pas faire n’importe quoi avec mon corps.  »  A l’écoute à l’entraînement, ce bon élève de terminale STG pige avec une putain de frénésie. Avec les jeunes de Troyes en début de saison, le garçon est très vite monté en grade. En seulement quelques mois, Jean s’est alors entraîné avec les pros avant de s’installer définitivement dans le groupe. A 17 ans et 6 mois, le prodige en est déjà à son 6e match officiel. Pas de contrat pro, pas encore de majorité, mais une place dans un groupe où certains pourraient être son père. En manque de solutions offensives, Jean squatte de plus en plus le onze de départ Troyens, à tel point que l’attaquant reste sur 3 titularisations et 3 entrées en jeu depuis le mois de décembre.

 

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C.Jean en maillot rose = petit lapin Duracelle

 

Une petite taille qui aurait pu coûter cher

Recalé à Rennes pour sa trop petite taille et son allure frêle, le transfuge de Clairefontaine aurait pu tomber aux oubliettes sans la clairvoyance du staff de Troyes.  » Corentin était doué mais pas hyper talentueux sur le plan technique. Un peu comme Aly Cissokho (Valence FC) qui, chez nous, évoluait en jeunes dans les 2 et 3, il n’était pas le plus doué mais, dans la tête, il faisait partie des plus costauds. Par exemple, il n’a jamais été pris au pôle Espoirs régional de Blois. Et je ne sais pas pourquoi « , raconte Laurent Gatay, alors à l’époque chargé de la préformation. A Clairefontaine, ses potes croulaient sous les offres de clubs, pas lui. Le soir, dans son lit, il entendait les échanges de ses camarades de chambres, exaltés par les approches, parfois mêmes fugaces de telles ou telles écuries. Mais un jour, une ANS (accord de nos sollicitation) vint.  » Aucun club n’était sur lui. Mais quand je l’ai vu, je me suis demandé comment on avait pu passer à côté de ce joueur. Je fais attention de ne pas exagérer mais lui il a tout.  » Claude Robin, recruteur du club aubois dans la zone Lyon-Centre-Région parisienne, aura certainement oublié sa petite taille. Frein débile à sa progression et encore très encré dans les critères des clubs pro. Mais ne vous y trompez pas, à l’image de Valbuena, Jean n’est pas du genre à lâcher prise.  » C’est un attaquant besogneux, pas avare de ses efforts. Il a une vivacité gestuellen il crée ds brèches, il n’est jamais à l’arrêt. Dans les appels il est très intelligent « , avait observé Claude Robin.

 

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Il court, il court le petit Jean… Il est passé par ici, il repassera par là…

 

Un plan de carrière déjà tracé 

Pour un jeune garçon pétri de talent, il n’est pas toujours facile d’évoluer au sein d’une structure bancale où les lendemains promettent une rétrogradation. Troyes semble condamné à descendre et ce n’est pas la défaite 3-2 hier contre Lorient qui va changer la donne. Bien sûr que Troyes joue bien au ballon, mais comme le dit si bien l’expérimenté Bréchet, ce qui compte ce sont les 3 points. On ne retiendra pas en effet, la saison prochaine, que les Troyens jouaient bien au ballon puisqu’ils seront sûrement descendus. Mais encore une fois Jean ne s’affole pas. Il assure, quoi qu’il advienne du club, poursuivre  » quelques années avec Troyes, qui est un club familial. » La redevance est claire selon lui : sans Troyes, ce dernier n’aurait certainement pas bougé son popotin sur les pelouses de Ligue 1. Mais le jeune homme ne s’arrête pas là. Le type voit plus loin, beaucoup plus loin, pas de « on verra » qui tiennent.  » Puis (je vise) un club Français de première partie de tableau, un autre parmi les meilleurs Français, avec une dernière expérience à l’étranger. Quatre clubs c’est bien, je pense « , conclura t-il avant de finir sur son idole mais sans le côté peroxydé, Ménez. Avec aussi en  » moins sa personnalité, il est un peu trop bling-bling pour moi. « 

 

Q.Müller.

 

Crédit interview : l’Equipe.fr

Crédit Photo : Alvinet.com

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A propos de l'auteur


Rédacteur en chef d'Onlyfootball.fr. Numéro 8 bourrin, amateur de belles sacoches et accessoirement de petites brunettes bretonnes aux yeux marrons.



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